Le lundi de Pentecôte un jour férié pas vraiment comme les autres

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Bien que férié, environ un tiers des salariés iront travailler ce 10 juin... et ne seront pas rémunérés pour autant. C'est en effet la journée choisie par certaines entreprises pour le jour dit de solidarité, qui devrait rapporter cette année près de 3 milliards d'euros pour les personnes âgées et handicapées.

A quel camp appartenez-vous? A celui des bienheureux salariés qui profitent ce lundi d'une grasse mat' ou bien à celui des moins chanceux, environ un tiers des salariés, qui se sont levés pour aller travailler? Ce lundi de Pentecôte a connu plusieurs changements de statut, et il y a toujours un flottement quand il s'agit de savoir si l'on bénéficie ou non d'un long week-end.

Tout cela en raison de la journée de solidarité, destinée à financer la prise en charge des personnes âgées et handicapées. Lors de sa création en 2004, le gouvernement a décidé de la fixer au lundi de Pentecôte, qui perdait alors son statut de jour férié. Les salariés devaient donc aller travailler, sans être rémunérés. Les employeurs, publics et privés versaient en contrepartie 0,3 % de la masse salariale au titre de la contribution solidarité autonomie (CSA).

De multiples modes d'applications

Puis en 2008, le lundi de Pentecôte est redevenu un jour chômé. Les employeurs doivent toujours s'acquitter de cette contribution, mais les modalités d'accomplissement sont fixées par un accord d'entreprise ou un accord de branche. Certaines entreprises ont conservé le principe du lundi de Pentecôte travaillé, les salariés souhaitant profiter d'un week-end prolongé posent alors une RTT ou jour de congé. D'autres ont choisi un autre jour férié de l'année, ou encore ont préféré fractionner cette journée en allongeant de quelques minutes la durée de travail quotidien. Les plus généreuses ont fait le choix de l'offrir à leurs salariés.

Cette année, cette journée devrait rapporter 2,878 milliards d'euros, selon l'estimation de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, dont près de 2,09 milliards grâce à la contribution des salariés et près de 785 millions issus de la contribution additionnelle de solidarité provenant des retraites et préretraités imposables.

Ces recettes représentent entre 4% et 5% des dépenses liées à la compensation de la perte d'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Elles servent par exemple à moderniser les établissements médicosociaux, au développement de l'accueil familial ou encore à la mise en place de nouvelles formes d'habitat pour les personnes âgées et handicapées et au financement de certaines allocations. La répartition est détaillée dans l'infographie ci-dessous.

Première publication : Bfmtv

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