Kassav’ : Concert-géant à Paris pour lancer sa grande tournée anniversaire

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40 000 personnes pour leur… 40 ans d’existence. Les chiffres coïncident. Pour saluer cette longévité exceptionnelle, Kassav’ avait investi, ce samedi 11 mai 2019, la Paris-La-Défense Arena, plus grande salle de concert d’Europe, en terme de capacité d’accueil.

La première partie assurée par le Grand Méchant Zouk aura servi d’hors-d’œuvre. Les plus jeunes fans sont conquis, par l’ambiance mise par le chanteur haïtien de Carimi, Mickael Guirand, par le déhanchement de Princess Lover, la douceur acoustique de Lycinaïs Jean et par l’énergie des togolais de Toofan. Mais l’immense majorité des personnes présentes sont là pour Kassav', en deuxième partie.

Une longévité rare

Des fans qui, pour beaucoup, ont grandi et mûri avec ceux qu’ils regardent sur la scène du Paris-La-Défense Arena, à Nanterre. Ils sont, tout d’un coup, saisi par un réveil au son du gwo-ka. Un déferlement de percussions qui marque à 20h09, le début du concert. Le titre choral “Lévé Yo Ka” (littéralement “Réveil au son du gwo-ka”) enchaîné avec l’incontournable “Sé Dam Bonjou” placent sur orbite le spectacle tant attendu.

Quelques problèmes acoustiques apparaissent très brièvement, mais ils sont assez vite balayés, notamment par des fans qui corrigent le tir, en chantant à tue-tête un répertoire qu’ils connaissent par cœur. Tour à tour, sur scène, Jocelyne Béroard, Jacob Desvarieux, Jean-Claude Naimro, Georges Décimus et Jean-Philippe Marthély, piliers de Kassav’, revisitent toutes ces décennies dorées à travers des tubes comme “Wèp”, “Sé Pa Djen-Djen”, “Mi Tchè Mwen”, “Milans” ou encore “Doméyis”. Les succès s’enchaînent, autour du charismatique Jean-Philippe Marthély, trait d’union constant avec le public avec lequel il s’amuse depuis si longtemps, lors des concerts.
 

Hommage à l’absent


En 40 ans, Kassav’ a perdu quelques piliers sur la route. Le percussionniste César Durcin, plus en retrait, mais surtout Patrick Saint-Éloi, l’une des voix majeures du groupe emporté en 2010 à la suite d’une longue maladie. Ce sont les choristes qui, d’abord, lui rendent hommage. Marie-Céline Chroné, l’une des accompagnatrices vocales les plus demandées dans le milieu du zouk, entonne “Réabilitasyon”, l’un des titres-phare du chanteur disparu, qui évoque les ramifications de la période de l’esclavage sur les sociétés antillaises actuelles. Les leaders de Kassav’ lui emboîtent le pas, avec des tubes de Patrick Saint-Éloi, pendant que des images de l’artiste défilent sur écrans géants.

 

Jacob Desvarieux avec Georges Décimus (de dos) | PHOTO : P FÉRUS
Jacob Desvarieux avec Georges Décimus (de dos) | PHOTO : P FÉRUS

Le spectacle est continu. Pas d’entracte ou presque. Une séquence de percussions viendra bien offrir une pause de quelques minutes aux chanteurs du groupe, mais très vite, le concert repartira de plus belle, avec une série de medleys. Chacun des quatre voix du groupe à le sien. Une façon pratique de ne pas oublier des titres, que les fans de la première heure attendent toujours frénétiquement.
 
Jocelyne Béroard au concert des 40 ans de Kassav' | PHOTO : P FÉRUS
Jocelyne Béroard au concert des 40 ans de Kassav' | PHOTO : P FÉRUS

Au bout d’un marathon de trois heures, les trois coups de guitare de “Zouk La Sé Sèl Médikaman Nou Ni”, le tube emblématique de Kassav’, envoient aux fans le signal que le moment de la conclusion est là. Jacob Desvarieux enchérit en lançant au micro son fameux : “An Nou Ay !”. Et c’est parti. Les fans sautent dans tous les sens. La folie Kassav’ fonctionne toujours. Mais cette fois, la conclusion est assurée en définitive par une dernière douceur. “Pou Zòt”, une ballade-zouk parue au milieu des années 1980 sur le premier album solo de Jean-Claude Naimro, qui rappelle que Kassav’ n’est rien sans son public, et que c’est pour lui qu’il chante. Il n’y aura pas de "Joyeux anniversaire" final mais un salut chaleureux au public. La boucle est bouclée. Les fans repartent le sourire aux lèvres et avec des étoiles dans les yeux.
Prochains rendez-vous : le 25 mai à Capsterre en Guadeloupe et les 31 mai et 1er juin au François en Martinique
Première publication de certains éléments TV5monde.fr/P férus

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