Edith Lefel : 16 ans déjà

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Surnommée la "Sirène"ou la petite féé, Edith Lefel est l'une des plus célèbres voix féminines de la musique antillaise. Connue jusqu’en Afrique, sa musique, dans le sillage Kassav et de Malavoi a ouvert la voie aux nouvelles sonorités créoles et contribué durant les années 1990 et 2000 à la démocratisation du zouk dans l'Hexagone. Disparue brutalement, elle connu un destin exceptionnel qui marqua les esprits jusqu’à aujourd’hui…

Edith est née en Guyane

Édith Lefel est née le 17 novembre 1963 à Cayenne d’une mère guyanaise et d’un père martiniquais. Son prénom a pour origine le cyclone Edith qui ravagea les petites Antilles en 1963, 2 mois avant sa naissance. Benjamine d’une famille de 5 enfants, elle passe les 3 premières années de sa vie en Guyane puis grandi au Lamentin en Martinique.

En 1967 ses parents se séparent, sa mère part vivre à Saint-Denis en banlieue Parisienne. Elle et ses frères et sœurs restent avec leur père en Martinique. Durant son enfance Edith a l’habitude de chanter et d’imiter une autre Edith, Edith Piaf, que ses parents écoutaient beaucoup tout comme Barbara Streisand, Jacques Brel et Charles Aznavour. Elle intègre le groupe de son frère ainé, guitariste qui la fait chanter et avec qui elle sillonne tous les samedis soirs les fêtes communales de la Martinique.

Départ pour la France

A l’âge de 14 ans, elle rejoint sa mère en France hexagonale, entre au conservatoire de chant de Saint-Denis pendant tout en poursuivant sa scolarité au lycée et passe de nombreux week-ends toujours à chanter dans le groupe de son frère aîné. Edith poursuit des études de droit à l’Université de Nanterre, mais sa passion pour le chant prend de plus en plus de place : elle prête sa voix pour des spots radios, devient choriste dans les studios parisiens dans lesquels  elle croise des Simon Jurad, Jean-Philippe Marthély, Patrick Saint Eloi…

Début de l’aventure

C’est en 1984 que commence la carrière d’Edith Lefel, quand le chanteur martiniquais Jean-Michel Cabrimol lui propose de partir en tournée aux Antilles avec son groupe de salsa, cadence-compas et jazz, La Maafia. Par la suite elle rencontre Jean-Luc Alger, chanteur du groupe Lazair pour qui elle interprète le devenu classique « Ich Maman ». Elle fait aussi la rencontre de son futur producteur, compositeur et mari, le chanteur Ronald Rubinel avec qui elle a eu une relation fusionnelle. Il est le père de ses jumeaux Chris et Matthieu.

Edith intègre les chœurs de Kassav, participe à la réalisation de l’album de Jocelyne Béroard, part en tournée avec le groupe Gazoline au Mozambique. En 1987 Malavoi l’invite sur la scène du Zénith de Paris pour remplacer à l’improviste Marie-José Alie, pour interpréter le célèbre « Caréssé moin », qui la fait remarquer. Elle part en tournée avec le groupe, ce qui lui offre sa première grande scène internationale et lui ouvre les portes. Elle multiplie les rencontres, devient la choriste de Philippe Lavil, enregistre avec Ralph Thamar le duo « Sos mémé ».

Un succès grandissant

En 1988, elle enregistre son premier album, La Klé, pour lequel elle a obtenu le prix Sacem du meilleur auteur. En 1992 elle obtient toujours de la Sacem le prix de la meilleure chanteuse de l’année pour son 2 ème album Mèci.  En 1996, elle sort son 3ème album, Rendez-vous et chante 11 mai à l’Olympia. En 1998, elle chante en duo avec Jean-Jacques Goldman qui l’accompagnera pour sa tournée martiniquaise l’année suivante. Edith revient en 1999 avec un nouvel album À fleur de peausur lequel elle interprète 2 reprises personnelles de chansons françaises célèbres : « Si j’étais un homme » de Diane Tell et « l’Hymne à l’amour » d’Edith Piaf. On y retrouve aussi des duos avec des invités de marque : Tony Chasseur, Dominique Zorozabel, Sylviane Cedia, Jean-Philippe Marthély et même le pianiste, Mario Canonge.

Sur son dernier album « Si seulement… », sorti en décembre 2002, elle a fait appel à la chorale de gospel du Camerounais Georges Séba qui a déjà travaillé avec Garou ou Céline Dion.  Les plus grands noms de la musique antillaise : Frédéric Caracas, Thierry Delannay, Jocelyne Labylle, Jean-Michel Rotin, sont présents sur cet ultime enregistrement.

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Une disparition soudaine

Alors qu’une série de concerts et une nouvelle date à l’Olympia sont programmées, au sommet de sa carrière Edith Lefel  meurt à 39 ans, d’un malaise cardiaque le 20 janvier 2003 chez elle à Dreux. La veille de sa mort, Edith se plaignait depuis plusieurs jours d’une douleur très forte à l’estomac et était aussi en situation de fort stress avant son Olympia. Cette disparition brutale est un déchirement pour tous ces fans et la communauté antillaise.

Le jour de son enterrement, le 25 janvier, des milliers de personnes sont présents à l’église Saint-Sulpice, à Paris. Elle repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris à quelques pas d’Edith Piaf qu’elle aimait tant.

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Une artiste inoubliable

Belle, dotée d’un timbre unique et d’une voix exceptionnelle, Edith avait ce talent de créer et d’interpréter du zouk mâtiné de mazurka et de biguine tout comme de la chanson française. Attentive et sensible aux autres, ses chansons touchaient tout le monde en abordant des thèmes commun à tous : la vieillesse, l’euthanasie, la violence faite aux femmes, les enfants…
Edith Lefel nous a laissé un immense héritage musical et reste aujourd’hui encore une référence pour les nouvelles générations d’artistes antillo-guyanais.

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Discographie : Albums

La Klé (1988)

Mèci (1992)

Rendez-vous (1996)

Edith Lefel à l’Olympia (1996)

À fleur de peau (1999)

Edith Lefel chante Edith Piaf (1999)

The best of Edith Lefel (2001)

Si seulement (2002)

Le meilleur de Edith Lefel (2003)

Commentaires(1)

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Djfab972 , il y a 2 mois
Très bel article J'ai toujours en tête ses mélodies et et sa voix incomparable, j'ai l'impression qu'elle est toujours là